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L'unité des chrétiens

 
Dossier Unité des chrétiens 
 
 
La Vérité doit-elle s’opposer à l’unité ? 
 
Un siècle n’a pas suffi au mouvement œcuménique contemporain pour rassurer sur ses intentions, et plus encore, rassembler toutes les familles du Christianisme. En 2008, le mot «œcuménisme» fait toujours frémir un grand nombre de chrétiens, particulièrement au sein de la nébuleuse évangélique. Présent au Forum Chrétien Mondial, organisé en novembre 2007, à Limuru (Kenya), le pasteur Daniel Thévenet, Président de l’Union des Eglises Evangéliques de Réveil en France, nous confie : «C’est vrai que nous sommes allergiques à ce mot, et nous avons demandé de préférer des mots comme ‘’forum’’ ou ‘’dialogue’’». Et même avec un tel intitulé, il explique qu’il s’y est rendu «avec beaucoup d’appréhension».  
 
Quelques années auparavant, en 2002, le magazine Christianisme Aujourd’hui avait interrogé ses lecteurs de la sorte : Les évangéliques devraient-ils plus s’engager dans l’œcuménisme ? La poignée de réactions publiées est sans équivoque : Non à l’unisson ! «Il n’est pas possible de coopérer avec quelqu’un qui n’est pas du même avis au point de vue biblique», s’exclame une certaine Liliane, avant qu’un autre lecteur partage «qu’il est plus sage de ne pas participer aux réunions œcuméniques, pour éviter toute confusion». Certains y voient même «un piège», avant de préciser, «dialoguer est une chose, entrer dans une relation en est une autre». 
 
«Dialogue» semble un mot magique… Mais attention, en 2006, dans le même magazine, Jean-François Zorn, professeur à l’institut de théologie protestante de Montpellier, tient à rappeler qu’il ne doit pas y avoir «de dialogue œcuménique, sans une affirmation de son identité». En d’autres termes, se rapprocher ne signifie pas se renier. C’est un peu dans cet état d’esprit qu’un groupe comprenant diverses personnalités catholiques et protestantes évangéliques, se réunit régulièrement depuis dix ans, pour développer un échange sur les convictions religieuses respectives, et parvenir ainsi à «dépasser les caricatures mutuelles». 
 
Du dialogue à l’échange de dons ?  
 
A l’initiative de ce groupe, co-présidé par le Pasteur Florian Rochat et l’Evêque Philippe Gueneley, une première conférence publique s’est tenue à Montreuil, le 25 septembre dernier. Une petite centaine de chrétiens de diverses obédiences ont alors assisté aux exposés d’Henri Blocher, Professeur émérite à la Faculté libre de théologie évangélique de Vaux-sur-Seine, et de Gérard Daucourt, Evêque de Nanterre. «En dialoguant, nous pouvons nous enrichir mutuellement», a déclaré Mgr Daucourt, désireux de voir ces conversations déboucher sur «un échange de dons», citant ainsi une expression du défunt Pape Jean-Paul II.  
 
Un désir partagé par certains protestants évangéliques, si l’on en croit la réponse de M. Blocher à la question posée par un participant : «En tant qu’évangélique, quels dons pouvez-vous recevoir du Catholicisme ?». Pour le Professeur, le premier don serait le sens de l’union de l’Eglise, car «les évangéliques ont une tendance très peu biblique à l’émiettement !», mais aussi la prise de responsabilité à l’égard de la culture environnante, «car ils ont également trop tendance à se replier sur eux-mêmes». Des propos qui semblent raisonnables, mais qui ne font cependant pas l’unanimité… 
 
 
Appel à la résistance 
 
Dans «La Bonne Nouvelle» (n°4/2008), revue de réflexion biblique d’information et d’avertissement, Bernard Prunneaux et Eric Ropp, sortent un carton rouge, au point d’en appeler à la résistance. «Qui résistera à ce courant d’unification, là où la volonté de rester fidèle aux Ecritures devrait être le premier souci ? A l’instar d’un mouvement qui est mondial, tout espoir d’un ressaisissement des leaders du monde ‘’dit’’ évangélique français, semble bien vain…». Et ils poursuivent : «Nous constatons que, désormais, les nouvelles perspectives qui s’ouvrent conduisent à un rapprochement des plus serrés entre deux entités qui, pourtant, ne devraient pas avoir grand-chose en commun». 
 
Les deux rédacteurs condamnent fermement tout rapprochement entre évangéliques et catholiques, car depuis Vatican II, «plus de 40 ans se sont écoulés, et rien de tout ce qui avait été dénoncé au temps de la Réforme n’a été remis en question». Plus encore, Lourdes, «ce haut-lieu d’idolâtrie mariale qui attire les dévots par millions et dont le Pape Benoît XVI vient d’honorer par sa présence les festivités du 150eme anniversaire, n’est-elle pas une pierre d’achoppement autant pour les fidèles catholiques que pour le monde profane ?». 
 
L’Eglise Catholique est bien consciente de ces critiques qui ne datent pas d’hier, et qui refroidissent un certain nombre de protestants évangéliques. D’ailleurs, à Montreuil, l’Evêque de Nanterre confiait : «Je suis conscient que beaucoup de chrétiens évangéliques, d’origines catholiques, sont remplis de déception, car l’Eglise Catholique ne leur a pas permis de faire une vraie rencontre avec le Seigneur». Cependant, il ne s’agit pas d’une simple déception, le mal est plus profond encore, et Mgr Daucourt poursuit en affirmant ne pas comprendre «la remise en cause du baptême catholique» par ces derniers, qu’il vit comme «quelque chose de douloureux». 
 
La mission et l’évangélisation réclament l’unité ! 
 
Aussi étonnant que cela paraisse, c’est donc la recherche de la Vérité qui s’oppose à celle de l’unité ! Est-il impossible de concilier les deux ? Les nombreux nœuds doctrinaux doivent-ils empêcher les différentes branches du Christianisme d’offrir «un témoignage commun face aux grands défis du temps présents», tel que le souhaiterait la Conférence des Evêques de France (CEF) ? Ne serait-il pas judicieux de «coopérer dans les domaines qui réclament l’unité d’action», comme nous le suggérait le Conseil Œcuménique des Eglises, en 1948, au cours de son Assemblée inaugurale d’Amsterdam ?  
 
Ces questions demeurent d’actualité, mais déjà en 1961, dans l’ouvrage «La Boîte à questions» (Labor et Fidès), auquel a participé une centaine de protestants de différentes obédiences, on pouvait lire que «la mission et l’évangélisation réclament l’unité». Plus encore, «nos divisions rendent partiels ou inefficaces nos déclarations, nos actions, notre témoignage dans le monde et envers nos frères chrétiens d’autres Eglises». Une problématique qui devrait, pour le moins, nous inviter à la réflexion. 
 
Paul OHLOTT 
 
 
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Il a osé le dire ! 
«Mes frères protestants m’ont appris Sola Déi Gloria et Sola Scriptura, mes frères catholiques m’ont ouvert à la compassion et à la miséricorde qui l’accompagne, mes frères évangéliques m’ont transmis la louange et le zèle de la proclamation, et mes frères juifs messianiques me rappellent que le Messie est fils de David, et que c’est par eux que vient le salut !» (Carlos Payan, Pasteur, auteur du Livre «Unité, Onction, Guérison»). 
 
Prier pour l’unité ? 
«Prier pour l’unité ne signifie pas que je prétende que toutes les Eglises doivent ressembler à la mienne. Mais c’est prier pour que mon Eglise et celle des autres, par le Saint-Esprit et la Parole de Dieu, soient amenées à la repentance et au renouveau, afin que nous ayons ensemble une vision de la tâche que Dieu a donné à l’Eglise dans ce monde qui est le sien et qu’il est venu sauver» (Bengt-Thure Molander, Ancien Directeur du Département Jeunesse au Conseil Œcuménique) 
 
Un théologien catholique désobéit au Vatican pour défendre ses frères protestants… 
Le 29 septembre dernier, Waclaw Hryniewicz, un théologien catholique romain de Pologne a rédigé un article intitulé «Le sauveur est polyphonique», pour Open Theology, un journal interreligieux basé à Londres. Dans son papier, il critique un document du Vatican de 2007 qui réaffirmait le point de vue catholique selon lequel, les dénominations protestantes ne sont pas des Eglises "au sens propre".  
 
Sans langue de bois, Waclaw Hryniewicz évoque même une «régression grave», reflétant des attitudes datant d’avant le Concile Vatican II (1962-1965). Suite à la parution de son article, Heinz Steckling, supérieur général de l'ordre des Oblats de Marie immaculée, auquel le professeur Hryniewicz appartient, lui a demandé de retirer et de réécrire son article. 
 
Déçu par l’attitude de Rome, il explique qu’il n’écrira aucune «clarification ou rectification», car d’autres responsables catholiques romains partagent sa conviction, et en outre «mon unique intention», précise-t-il, «était de faire part de la douleur et de la tristesse de beaucoup de protestants, frères et sœurs dans la foi chrétienne, profondément heurtés par la déclaration du Vatican». 
 
Le professeur Hryniewicz a contribué à la rédaction de la Charta oecumenica de 2001, publiée par la Conférence des Eglises européennes (KEK) et le Conseil des Conférences épiscopales européennes (CCEE). 
 
 
 
L’œcuménisme, en quelques dates… 
 
1910 : Première conférence internationale des missions. Création du Conseil International des missions. 
1925 : Le mouvement «Christianisme pratique», inspiré par l’Archevêque suédois Nathan Söderblom, organise sa première conférence. Objectif : Réunir les églises pour une prise de responsabilité commune dans le monde. 
1933 : L’abbé Couturier propose une prière pour l’unité. 
1935 : La prière pour l’unité devient une semaine pour l’unité. 
1938 : «Christianisme pratique» fusionne avec le mouvement «Foi et Constitution» pour la mise en place du premier comité du Conseil œcuménique des Eglises. 
1948 : Création du Conseil Œcuménique des Eglises (COE), à Amsterdam. 
1969 : Le Pape Paul VI se rend au Conseil Œcuménique des Eglises et prononce les premières paroles de regret officielles sur les divisions du passé. 
2001 : La Conférence des Eglises Européennes et le Conseil des Conférences Episcopales Européennes publient la «Charta Oecumenica». 
2007 : Organisation du Forum Chrétien Mondial, au Kenya, pour dialoguer, et dans l’espoir de créer des relations nouvelles entre les différentes Eglises. 
2008 : Organisation, en France, d’une conférence publique, à l’initiative du groupe de conversations co-présidée par le pasteur Florian Rochat et l’Evêque Philippe Gueneley.  
 
 
 
Témoin évangélique au Forum Chrétien Mondial 
 
« J’ai été marqué par la profonde humilité des uns et des autres. Et j’ai été bouleversé par le parcours des participants. Nous avons été obligé de constater que tout le monde connaît le même Seigneur, et que chacun est animé par le même souci : L’évangélisation du monde. Cependant, nous ne sommes pas dupes, et si nous avons dû reconnaître qu’il y a une réelle action de l’Esprit Saint, dans toutes les confessions chrétiennes, ça ne retire pas instantanément tous les problèmes ». (Daniel Thévenet, Président de l’UEER et délégué français auprès de la PEF). 
 
 
 
Jean-Paul II est-il au Paradis ? 
 
« Pas de doute. Jean-Paul II croyait. Il croyait à l’effet de la Croix. La grande majorité des individus sur Terre a entendu parler du Pape et de son message ». (Billy Graham, l’un des plus célèbres évangélistes américains. Interview sur CNN, le 2 avril 2005).

 

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Modifié en dernier lieu le 4.01.2010