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Le billet d’humeur de Paul OHLOTT

 
Camp les médias m’inquiètent… 
 
Que de propos démesurés au sujet du documentaire «Jesus Camp» (Le camp de Jésus), sorti sur nos écrans le 18 avril. A en croire les médias français, il s’agirait d’un «film d’horreur». Une mixture entre le Djihad islamiste et les jeunesses hitlériennes ! Pour le quotidien Le Monde, il s’agirait même de «la continuation du fascisme par d’autres moyens». Vraiment ? Ces comparaisons sont honteuses. Dans le documentaire, on entend certes des phrases du genre : «C’est la guerre», ou encore : «Nous allons reconquérir l’Amérique et le monde pour Christ». Cependant, il suffit d’un gramme de culture religieuse pour savoir pertinemment que ces paroles - dans la bouche d’un évangélique - ont une signification exclusivement spirituelle. Nous sommes à mille lieues des croisades ! Dans ce film, les responsables du camp exhortent les enfants à prendre leurs outils pour réparer le monde, pas des armes pour le détruire. 
 
En outre, je n’ai pas vu des jeunes en danger et encore moins malheureux. J’ai vu des enfants qui ont une vie tout à fait normale, des occupations de leur âge, des amusements diversifiés. J’ai vu des enfants qui ont la chance de vivre dans une famille qui les aime. Ils rient, sont bien éduqués, sont dévoués, sont précoces, s’expriment très bien, ne répètent pas bêtement des enseignements qu’ils ont reçu, mais au contraire les adaptent avec leurs propres mots. J’ai vu des enfants qui vont vers les autres pour partager le trésor spirituel qu’ils ont découvert en Jésus-Christ. J’ai vu des enfants remplis d’espérance, de rêve et de vie… Bref, j’ai vu des enfants épanouis. Où sont les graves symptômes qui annoncent un quelconque danger pour leur vie ? 
 
Et qu’on m’explique pour quelles raisons il faudrait s’alarmer lorsque des enfants préfèrent écouter de la musique chrétienne, plutôt que n’importe quel groupe dont les paroles n’édifient d’aucune manière ! Si ces enfants claquaient tout leur argent de poche pour s’acheter de la musique commerciale de bas étage, ne seraient-ils pas considérés comme des enfants normaux ? Mais parce qu’ils écoutent de la musique évangélique, c’est louche ? 
 
Par ailleurs, il me semble important de revenir sur une erreur qui n’a pas manqué de circuler. Dans le documentaire, les enfants ne vénèrent absolument pas le président Bush et ne se prosternent pas devant son effigie en carton. Ils se contentent de prier pour lui et de le bénir par l’imposition des mains. Si on s’offusque de cette pratique, alors interrogeons-nous : Est-il plus sain d’enseigner à nos enfants de bénir et respecter les autorités ou de les nourrir aux Guignols de l’info ?  
 
Quant à la critique sur l’aspect émotionnel, je me pose de sérieuses questions sur ceux qui la profèrent. Est-il sain de refouler ses émotions ? D’autant plus lorsque l’on sait que l’émotionnel a une place importante chez l’enfant ! En réalité, il est bien plus sectaire de brimer un enfant et de lui imposer un cadre rigide, plutôt que de le laisser librement exprimer ce qu’il a dans le coeur. Mais de toute évidence, une caméra et un plan serré sur un visage en pleurs, ne manque pas d’interpeller davantage que l’image d’un enfant sagement assis sur le banc d’une église austère, même si celui-ci pleure de misère au-dedans de lui… Cherchez l’erreur. 
 
Moi, j’ai choisi mon camp, et si je ne suis pas inquiet pour l’avenir de ces mômes, je le suis concernant les médias de mon pays ! 

 

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Modifié en dernier lieu le 4.01.2010