Que pensent-ils de Noël ? Comment vivent-ils
AMEN Magazine
Que pensent-ils de Noël ? Comment vivent-ils cette fête ?
Plusieurs figures du monde chrétien ont accepté de nous raconter de quelle manière elles vivent Noël. Quelle diversité étonnante dans les propos d’Oscar Ewolo (Footballeur),
de Liz Mc Comb (Artiste), de Philippe Barbarin (Cardinal) et de Patrick Giovannoni (Président du PRC) !
Propos recueillis par Paul OHLOTT.
Patrick GIOVANNONI
Président du Parti Républicain Chrétien (PRC), en France.
Que représente Noël pour vous ?
Je n'ai pas de réels souvenirs des fêtes de Noël lorsque j'étais enfant. Il y avait très peu de cadeaux et pas de repas de famille. Mon beau-père et ma mère fêtaient Noël avec des chasseurs,
en faisant un repas amélioré et bien arrosé. Très jeune, mon entourage m'a appris à rejeter la religion et m'a enseigné l'athéisme. Ma vision de la religion était marxiste.
J'étais assez convaincu qu'elle était l'opium des pauvres. Pour toutes ces raisons, je n'ai jamais attaché beaucoup d'importance à Noël.
Aujourd’hui, comment vivez-vous Noël personnellement ?
Depuis ma conversion, j'aime célébrer la naissance de Jésus, même si je sais qu'il n'est certainement pas né le 25 décembre. Cet anniversaire est symbolique,
mais il permet de vivre un moment particulier. Il nous offre l’opportunité de nous rappeler le temps écoulé depuis que Jésus est venu au monde ainsi que l’impact de sa vie sur l’Humanité.
C’est un instant que j’aime passer avec mes amis.
Par ailleurs, je ne suis pas opposé au traditionnel échange de cadeaux, mais la majorité du temps doit être consacré au partage et à la communion.
Etes-vous attristé que Noël soit devenu une fête commerciale ?
Dans ma situation, c’est tout le contraire. Cette fête n’avait qu’un caractère commercial et festif. Elle était l’occasion de se divertir entre adultes, et bien souvent avec excès. Aujourd’hui, j’y vois une occasion de se remémorer la vie de Jésus, de se retrouver entre amis autour d’un repas et de célébrer la naissance de celui qui a vécu et a donné sa vie pour transformer les nôtres. Il y a dans cette nouvelle façon de fêter Noël une dimension que je n’aurais jamais soupçonnée avant de la vivre. Le plus beau cadeau de Noël est de comprendre le sens de la naissance de celui dont on célèbre l’anniversaire. Ce qui m’attriste, ce n’est pas que Noël soit devenu une fête commerciale, car elle l’a toujours été, mais plutôt que de plus en plus de personnes soient impactées par le côté «laïc» de l’événement. Noël est devenu la fête des enfants ou plus exactement de la remise de cadeaux aux enfants, par l’intermédiaire d’un Père Noël totalement imaginaire, qui passe au moment où ça arrange les parents. Ce qui m’amène à une question importante : «Pourquoi demander aux enfants de ne pas mentir, alors qu’en tant que parents on leur soutien que le Père Noël existe, bien que l’on sache pertinemment qu’il est imaginaire, et qu’on ne peut pas ignorer que la découverte de cette vérité créera une grande déception chez l’enfant ?». Ne vaudrait-il pas mieux leur parler de Jésus ?
Liz MC COMB
Diva du Gospel, aux Etats-Unis.
Que représente Noël pour vous ?
Noël, pour moi, c’est l'anniversaire de la naissance de Jésus qui vint sur Terre comme un cadeau de Dieu au monde.
Comment vivez-vous Noël personnellement ?
J'aime passer ce jour avec ma famille et avec mes amis proches. Au cours des dernières années, j'ai toujours essayé en cette période d'aider ceux qui n'avaient pas autant que moi... Et très souvent, Dieu m'envoie plusieurs personnes qui ont besoin d'aide.
Etes-vous attristé que Noël soit devenu une fête commerciale ?
Oui et non... Oui, parce que les gens deviennent de plus en plus matérialistes... Et non, puisque Jésus, chaque année, impose néanmoins sa grande fête d'anniversaire. C’est merveilleux que le monde entier entende parler de l’histoire biblique de Noël.
Cardinal Philippe BARBARIN
Archevêque de Lyon, en France
Que représente Noël pour vous ?
«Une bonne nouvelle, une grande joie pour tout le peuple» ! Les mots de l’Ange qui vient annoncer la naissance de Jésus aux bergers de Bethléem, je les trouve, vingt siècles plus tard, merveilleux, et toujours aussi justes. Noël, c’est Dieu qui se fait petit enfant et entre dans la famille humaine. Si Pâques est le centre de ma foi, Noël se résume par la première parole de l’Ange : «Aujourd’hui un Sauveur vous est né». Les conséquences sont expliquées ensuite dans le Gloria, le chant des anges. Si les hommes arrêtent de chercher pour eux la gloire, l’argent, la puissance ou le pétrole, ce qui est à l’origine de toutes les violences et les guerres, s’ils se décident vraiment à rendre gloire à Dieu «au plus haut des cieux», alors la paix viendra sur la Terre, pour les hommes, car Dieu les aime.
Comment vivez-vous Noël personnellement ?
Dans mon esprit se mêlent les souvenirs d’enfance au Maroc, la joie des Noëls dans les paroisses où j’ai servi comme prêtre, les inoubliables Noëls de Madagascar, dans la chaleur et sous des pluies battantes, avec un repas si frugal : du riz, une cuisse de poulet, et même une banane (!). Et maintenant, je fête Noël dans la grande famille de mon diocèse. Chaque année, avec mes évêques auxiliaires, nous célébrons la Messe en des lieux hautement symboliques comme l’hôpital des enfants malades, Notre-Dame des sans abris, mais aussi à la prison, bref, avec ceux qui souffrent encore plus en cette occasion, d’être séparés de leur famille. A midi, j’invite parfois des prêtres âgés à l’archevêché. Ce que je regrette, c’est de ne pas voir ma famille ce jour-là, alors je téléphone, à ma mère d’abord, puis à des amis.
Etes-vous attristé que Noël soit devenu une fête commerciale ?
Pourquoi serions-nous malheureux que les commerçants soient heureux ? Ils reçoivent le fruit de leur travail, si intense dans la période des fêtes. Que les gens achètent des cadeaux et des jouets, de bonnes choses à manger ou à boire, je m’en réjouis. Un sapin décoré devant lequel un enfant écarquille les yeux, une belle table de Noël qui réunit toute une famille, ce sont des souvenirs inoubliables. Certes, il y a des excès, un gâchis qui est indigne et parfois dégradant, et même offensant pour une bonne part de l’Humanité. Mais nous savons que chaque année, il y a aussi un grand élan de générosité, qui dépasse largement nos frontières. Les initiatives ne manquent pas, dans les écoles et les paroisses, pour les prisonniers, les personnes âgées ou isolées… On peut inviter ou visiter une personne seule, faire un cadeau à quelqu’un qui ne recevra que celui du bureau d’aide sociale de la Mairie, ou un don à quelqu’un qui est dans le besoin… On peut enfin présenter une offrande spirituelle à Celui dont on célèbre la naissance.
Oscar EWOLO
Footballeur à Lorient (Ligue 1), en France.
Que représente Noël pour vous ?
Ce qui est bon dans Noël, c'est la notion de partage et de famille, mais à part cela, quand on remonte à l'origine, c'est un culte païen. Beaucoup pensent célébrer le Christ, le jour de Noël, mais ils sont loin du compte. Je ne fête pas Noël. Tout le monde sait que Jésus n'est pas né le 25 décembre, donc ça ne m'intéresse pas. Quand les fondements ne sont pas corrects, je préfère ne pas m'y associer. A quoi bon vouloir conserver une fête païenne, même en la mettant à la sauce chrétienne. Je ne m'associe pas à l'esprit qui se loge derrière.
Que faîtes-vous le jour de Noël ?
Pour moi, c'est un jour comme les autres, je ne fais rien de particulier. Il ne sert à rien de célébrer le petit Jésus ce jour-là, si au quotidien on ne vit pas Jésus-Christ. Je préfère mener ma vie chrétienne, et ne pas participer à cette fête qui en plus, est devenue totalement commerciale.
Vous fêtiez Noël dans votre jeunesse ?
Quand j’étais petit et jusqu’à l’âge de 20 ans, je fêtais Noël avec ma famille. Mais cela ne nous a jamais rien apporté, nos problèmes n’étaient pas effacé ce jour-là. C’était juste un cache misère du quotidien morose. J'ai arrêté de fêter Noël lorsque je me suis converti. Et maintenant, je préfère fêter Jésus-Christ tous les jours, parce que Lui a changé ma vie. Pour ce qui est des cadeaux, pourquoi attendre le 25 décembre pour faire plaisir aux autres ? Soyons bons les uns envers les autres pendant 365 jours, pas seulement un !
Vous n'aimez pas le Père Noël...?
Le Père Noël, c'est une semence de mensonge dans la vie des enfants. On ne le fait pas volontairement pour les tromper, mais eux se sentent trahis quand ils découvrent la vérité. Je trouve que cela est malsain. Les enfants font confiance à leurs parents, et si on les trompe, ils rejettent ensuite notre autorité. On ne se rend pas compte des conséquences de telles semences chez les tout-petits.
Entretien avec Pasteur Augustin Nkundabashaka président- fondateur de la FEVACE
Amen Magazine : Que signifie Noël pour vous ?
Augustin : Noël est une période qui me rappelle qu’un jour,il y a de cela 2000 ans,un événement s’est produit dans l’histoire de notre humanité :la naissance de Jésus-Christ
Noël est une fête qui me rappelle que Dieu s’est rapproché de l’homme en Jésus-Christ, source d une vie nouvelle sur la terre .Tous ceux qui croient en lui ,il apporte la lumière a la place des ténèbres,la joie à la place de la tristesse,de la paix à la place de la peur,la vie à la place de la mort
Amen Magazine : Comment tu le vis personnellement ?
Pour moi, tous les jours c’est Noël. Par cela, je veux dire que la venue de Jésus-Christ sur la terre ouvre aux hommes la porte du royaume des cieux. Croire en Jésus-Christ, être son disciple implique un changement de vie, mettre en pratique son enseignement et suivre son chemin.
Faire de Jésus mon modèle de vie dans le présent et mon espérance pour la vie éternelle
Vivre Noël aujourd’hui c’est reconnaître qu’en Christ je suis une nouvelle créature et que ma vie sur la terre doit être empreinte de sa lumière, de sa paix , de sa miséricorde,de son amour, de sa justice …que je dois être le sel et la lumière du monde,partout ou je suis ,comme Jésus l’a été en son temps
Amen Magazine : Etes –vous attristé que Noël soit devenu une fête commerciale ?
Attristé oui et non !
Selon la tradition, Noël aurait été auparavant une fête païenne avant que le christianisme triomphe et s’en approprie pour fêter la naissance de Jésus-Christ .Ainsi le christianisme a fini petit a petit à s’imposer dans l’espace social,culturel et religieux de l’empire romain, notamment avec l empereur Constantin
Avec le néo paganisme actuel dans des sociétés occidentales post- modernes et déchristianisées c’est logique que la fête de Noël se vide elle-même de son contenu chrétienne et évangélique.
Pour beaucoup de gens ,Noël est devenu une coquille vide (de sa spiritualité chrétienne)qui se remplit petit à petit d’autres dieux,notamment les affaires et l’argent.A ce titre, c’est triste que le dieu Mammon domine notre monde.Mais d’autre part, cela nous incite à prendre conscience de l’urgence de notre mission :annoncer l’Evangile sans concession ni compromission dans un amour fraternel